
Qu'est-ce que l'hypnose humaniste ?
L'hypnose humaniste est une approche de l'hypnose développée en France au début des années 2000. Elle se présente comme l'adaptation au monde moderne des anciennes formes de travail en état modifié de conscience, avec un modèle philosophique propre qui prend en compte les dimensions humaines, systémiques et écologiques de la personne[1]. Elle se distingue des autres courants par une idée centrale : la personne reste consciente, active et maîtresse de son changement pendant toute la séance. Elle est utilisée dans un cadre de bien-être pour travailler sur la gestion du stress, la confiance en soi ou certaines habitudes que la personne souhaite modifier.
Olivier Lockert a fondé l'hypnose humaniste
L'hypnose humaniste a été formalisée par Olivier Lockert, praticien et auteur français. Son ouvrage de référence, publié en août 2006 et long de près de 400 pages, décrit une approche qui permet à l'individu de trouver une plus grande unité et d'entrer en contact avec sa conscience[1]. Le nom de la méthode fait écho à la psychologie humaniste, un courant né aux États-Unis à partir des années 1940 sous l'impulsion d'Abraham Maslow, puis de Carl Rogers[4]. Ce courant, parfois appelé troisième force après la psychanalyse et le comportementalisme, mise sur la tendance de chacun à développer son potentiel. L'article consacré à la psychologie humaniste et à ses fondateurs en détaille l'histoire.
Un état de conscience augmentée plutôt qu'une transe
Là où l'hypnose classique cherche souvent à mettre la conscience de côté pour s'adresser à l'inconscient, l'hypnose humaniste revendique un état de conscience augmentée. Les praticiens parlent d'inductions associantes, qui visent à réunifier le conscient et l'inconscient pour en faire des alliés de la compréhension et du changement, par opposition aux inductions dissociantes[2]. Concrètement, la personne entend tout, se souvient de tout et peut interrompre la séance à tout moment. Elle décrit elle-même les images, les sensations ou les scènes symboliques qui lui viennent, et c'est elle qui conduit le changement, guidée par le praticien.
Hypnose humaniste et hypnose ericksonienne : quelles différences ?
L'hypnose ericksonienne doit son nom à Milton Erickson, psychiatre américain né en 1901 et mort en 1980[5]. Il a développé son approche à partir des années 1930, en rompant avec l'hypnose classique et ses inductions directives : il privilégie les suggestions permissives, les métaphores et l'utilisation des comportements de la personne[3]. L'hypnose humaniste reprend une partie de ces outils de langage, mais elle s'en écarte sur deux points : l'état recherché est une conscience élargie plutôt qu'une transe profonde, et le praticien ne fait pas de suggestions à la place de la personne. Ses techniques ont par ailleurs été codifiées par les fondateurs de la programmation neuro-linguistique, comme le rappelle l'article sur la programmation neuro-linguistique et ses outils.
Comment se déroule une séance d'hypnose humaniste ?
Une séance d'hypnose humaniste dure généralement entre une heure et une heure et demie. La personne est installée assise dans un fauteuil confortable, habillée, dans une pièce calme. Le déroulé suit trois temps : un entretien, un travail en état de conscience augmentée, puis un retour à l'état ordinaire suivi d'un échange. Le nombre de séances varie en fonction de l'objectif, mais les praticiens privilégient des accompagnements courts, de quelques séances.
L'entretien préalable fixe l'objectif
La séance commence par un échange au cours duquel la personne explique ce qui l'amène et ce qu'elle souhaite changer. Le praticien vérifie que la demande relève bien du bien-être et oriente vers un médecin lorsqu'elle touche une question médicale, une douleur inexpliquée ou une souffrance psychique importante. Cet entretien permet également d'expliquer le déroulé et de lever les idées reçues : la personne ne dort pas, ne perd pas le contrôle et ne fera rien contre sa volonté. L'objectif est formulé avec les mots de la personne, de façon concrète et réaliste.
L'induction associante installe l'état de conscience augmentée
Le praticien guide ensuite la personne vers un état de concentration intérieure, par la voix, la respiration et la focalisation de l'attention. L'induction associante vise à rassembler conscient et inconscient plutôt qu'à les séparer[2]. Les études d'imagerie menées à Stanford décrivent un état comparable du point de vue du cerveau : baisse d'activité dans une zone liée à la vigilance, connexions renforcées entre le cortex préfrontal et l'insule, qui participe à la perception du corps[7]. La personne reste en dialogue avec le praticien tout au long de cette phase.
Le travail symbolique et le retour à l'état ordinaire
Une fois l'état installé, le praticien invite la personne à explorer sa situation sous forme d'images ou de scènes symboliques, puis à agir elle-même sur ces représentations : apaiser une scène, transformer une image, retrouver une ressource. Les praticiens distinguent un travail symbolique simple, pour des objectifs précis comme la gestion du stress ou d'une habitude, et un travail plus approfondi pour des questions de sens ou de confiance en soi[2]. La séance se termine par un retour progressif à l'état ordinaire, puis par un échange sur ce qui a été vécu et sur les exercices d'autohypnose à pratiquer entre deux rendez-vous.
Ce que la recherche dit de l'hypnose
Il n'existe pas, à ce jour, d'étude scientifique publiée portant spécifiquement sur l'hypnose humaniste. Les connaissances disponibles concernent l'hypnose dans son ensemble, surtout dans son usage médical, ce qui impose de ne pas transposer automatiquement leurs conclusions à un accompagnement de bien-être. Ces travaux décrivent néanmoins ce qui se passe pendant l'état hypnotique et les situations où ses effets ont été mesurés.
L'hypnose modifie l'activité du cerveau
L'équipe de David Spiegel, à l'école de médecine de l'université Stanford, a sélectionné 57 personnes très réceptives ou très peu réceptives à l'hypnose parmi 545 volontaires en bonne santé, puis a observé leur cerveau par IRM fonctionnelle[7]. Pendant l'hypnose, l'activité diminue dans le cortex cingulaire antérieur, et les échanges entre les réseaux du contrôle et ceux de la rêverie se modifient. Selon les auteurs, ces changements expliquent l'attention focalisée, le meilleur contrôle des émotions et des sensations, et la baisse de la conscience de soi qui caractérisent l'hypnose[6].
Le rapport de l'Inserm sur l'efficacité de l'hypnose
En juin 2015, l'Inserm a remis au ministère chargé de la santé un rapport sur l'efficacité de l'hypnose, fondé sur une méta-analyse de 52 essais cliniques[9]. Le ministère en retient que l'hypnose est une technique ancienne, utilisée dans les sociétés occidentales depuis au moins 200 ans, et que seules deux indications réunissent assez de données pour conclure à un intérêt probable : l'accompagnement pendant certains actes chirurgicaux et le syndrome du côlon irritable[8]. Le rapport soulignait surtout la nécessité de repenser les méthodes d'évaluation de ces pratiques[10].
Des preuves insuffisantes pour de nombreux usages
Dans les autres situations, les données sont jugées insuffisantes, par exemple pour l'arrêt du tabac ou la douleur de l'accouchement[8]. Une revue Cochrane consacrée à l'arrêt du tabac conclut qu'il n'existe pas assez de preuves pour savoir si l'hypnose fait mieux qu'un autre soutien comportemental ou qu'un arrêt sans aide, et que le bénéfice éventuel serait faible[11]. L'encyclopédie Wikipédia rappelle aussi que la conception de l'inconscient comme réservoir de ressources, héritée d'Erickson, diffère des modèles des neurosciences contemporaines[3]. Ces limites s'appliquent a fortiori à l'hypnose humaniste, qui n'a pas été évaluée en tant que telle.
Reconnaissance et cadre légal de l'hypnose humaniste
L'hypnose humaniste est une pratique de bien-être. Elle n'est pas une profession réglementée, aucun diplôme d'État ne l'encadre et les études disponibles ne permettent pas, en l'état, de conclure sur son efficacité propre. Son exercice suppose de bien connaître la frontière entre l'accompagnement de bien-être et les actes médicaux, que la loi réserve à certains professionnels.
Une pratique distincte de l'hypnose médicale
Les séances d'hypnose destinées à réduire la douleur ou pratiquées pendant une anesthésie sont considérées comme des actes médicaux. Elles relèvent des médecins, des chirurgiens-dentistes et des sages-femmes, ou d'autres professionnels de santé sous leur responsabilité[8]. En réponse à une question écrite d'un député, le ministère de la santé a rappelé que selon un arrêt de la Cour de cassation de 2010, l'exercice de l'hypnose dans un cadre autre que médical s'apparente à l'exercice illégal de la médecine, et qu'il a refusé l'inscription d'une certification d'hypnothérapeute au répertoire national[12]. Le praticien en hypnose humaniste ne prend donc jamais en charge une question médicale ou une souffrance psychique, et oriente vers un médecin.
Les précautions et les signes de vigilance
L'analyse des études n'a pas rapporté d'effets indésirables graves attribuables à l'hypnose, en dehors de maux de tête, de somnolence ou de vertiges possibles ; le risque de faux souvenirs induits par certaines pratiques a toutefois été souligné[8]. Les personnes atteintes d'un trouble psychiatrique sévère, d'épilepsie ou en situation de grande fragilité doivent demander un avis médical avant toute séance. La Miviludes place, par ailleurs, la santé et le bien-être en tête des signalements de dérives sectaires et invite à la vigilance face aux promesses de résultat miracle, au dénigrement de la médecine, aux prix excessifs et à l'isolement des proches[13]. L'hypnose humaniste est une pratique de bien-être. Elle ne remplace pas un avis médical, ne traite aucune maladie et ne dispense pas de consulter un professionnel de santé.
Se former à l'hypnose avec Koréva Formation
Il n'existe pas de cursus public consacré à l'hypnose de bien-être : les diplômes universitaires d'hypnose médicale sont réservés aux professionnels de santé. Pour les autres, la formation passe par des parcours privés, dont il convient de vérifier le volume horaire, la part de pratique encadrée et l'honnêteté du discours sur les résultats. La fiche métier d'hypnotiseur détaille les missions et le cadre de cette activité, et l'article sur les formations en hypnose et leurs contenus aide à comparer les parcours.
Plusieurs critères permettent de juger le sérieux d'une formation. Le programme doit consacrer une large place à la pratique supervisée, en petit groupe, avec des mises en situation corrigées par un formateur expérimenté. Il doit aussi enseigner la conduite de l'entretien préalable, la posture éthique du praticien et la frontière avec le domaine médical, afin que le futur praticien sache reconnaître une demande qui ne relève pas de lui. Enfin, la nature exacte du document remis en fin de parcours doit être annoncée clairement, sans allusion trompeuse à un diplôme ou à un titre reconnu.
La formation à distance avec Koréva Formation
Koréva Formation propose un atelier pratique en hypnose de cinq jours, sans prérequis, dès 16 ans. Il aborde onze thèmes : le fonctionnement et le langage de l'hypnose, le Milton-modèle hérité d'Erickson, les inductions, l'autohypnose pour gérer le stress, ainsi que la construction d'une séance, de la posture du praticien à la relation de confiance. Pour acquérir une base solide en techniques de respiration et de relaxation, la formation à distance en sophrologie représente 150 heures avec un stage pratique, sur 6 à 24 mois (12 mois en moyenne) ; elle a pour prérequis deux années d'expérience dans la relation d'aide. Ces parcours sont sanctionnés par une attestation de formation professionnelle, et Koréva Formation est certifié Qualiopi pour ses actions de formation. L'ensemble des formations bien-être à distance est présenté sur le site de l'école.
D'autres approches pour accompagner la personne
L'hypnose humaniste partage de nombreux points communs avec d'autres pratiques d'accompagnement. L'article qui compare hypnose et sophrologie aide à choisir entre ces deux voies, et celui consacré à l'hypnose spirituelle et ses usages présente un autre courant centré sur le sens. Une connaissance des grands courants de la psychologie complète utilement ce bagage : la formation en psychologie à distance de Koréva Formation en donne les bases, sans conduire à un titre réglementé.
Points clés à retenir
- Origine : l'hypnose humaniste a été formalisée en France par Olivier Lockert, dans un ouvrage publié en 2006.
- Principe : elle vise un état de conscience augmentée, où la personne reste lucide et conduit elle-même son changement.
- Séance : un entretien, une induction associante, un travail symbolique puis un retour à l'état ordinaire.
- Recherche : l'hypnose modifie l'activité du cerveau, mais son intérêt n'est établi que dans quelques usages médicaux.
- Cadre légal : l'hypnose de bien-être ne vise aucune maladie et oriente vers un médecin dès qu'une question médicale se pose.
- Formation : Koréva Formation propose un atelier pratique en hypnose de cinq jours et une formation en sophrologie.
Conclusion
L'hypnose humaniste se distingue des autres courants par la place qu'elle donne à la conscience : la personne reste lucide, décrit ce qu'elle vit et conduit elle-même son changement, guidée par le praticien. Héritière de l'hypnose ericksonienne et inspirée de la psychologie humaniste, elle s'inscrit dans le champ du bien-être, pour la gestion du stress, la confiance en soi ou certaines habitudes. La recherche confirme que l'état hypnotique modifie réellement l'activité du cerveau, mais l'hypnose humaniste n'a pas été évaluée en tant que telle, et son intérêt n'est démontré que dans quelques usages médicaux de l'hypnose. Pratiquer en toute honnêteté suppose donc une formation sérieuse, un discours mesuré et une orientation systématique vers un médecin dès qu'une question médicale apparaît. L'atelier pratique en hypnose de Koréva Formation permet d'en découvrir les bases.
FAQs
Qu'est-ce que l'hypnose humaniste ? L'hypnose humaniste est une approche de l'hypnose formalisée en France par Olivier Lockert. Elle repose sur un état de conscience augmentée, dans lequel la personne reste lucide, décrit ce qu'elle vit et conduit elle-même son changement, guidée par un praticien, dans un cadre de bien-être.
Quelle est la différence entre l'hypnose humaniste et l'hypnose ericksonienne ? L'hypnose ericksonienne, créée par le psychiatre Milton Erickson, utilise des suggestions indirectes et des métaphores pour s'adresser à l'inconscient. L'hypnose humaniste en reprend certains outils, mais recherche une conscience élargie plutôt qu'une transe profonde, et laisse la personne agir elle-même sur ses représentations.
Comment se déroule une séance d'hypnose humaniste ? Une séance d'hypnose humaniste dure généralement entre une heure et une heure et demie. Elle commence par un entretien qui fixe l'objectif, se poursuit par une induction vers un état de conscience augmentée et un travail sur des images symboliques, puis se termine par un retour progressif et un échange.
L'hypnose humaniste est-elle reconnue en France ? L'hypnose humaniste n'est pas une profession réglementée et aucun diplôme d'État ne l'encadre. L'hypnose utilisée contre la douleur ou pendant une anesthésie est un acte médical. L'hypnose de bien-être ne remplace jamais un avis médical et le praticien oriente vers un médecin si besoin.
Comment se former à l'hypnose ? La formation à l'hypnose de bien-être passe par des parcours privés comprenant de la pratique encadrée. Koréva Formation propose un atelier pratique en hypnose de cinq jours, sans prérequis, centré sur les inductions, l'autohypnose et la construction d'une séance, sanctionné par une attestation de formation professionnelle.

